Après les grèves, Dubaï expulse...

Publié le par Classe de BTS1

Samedi, plus de 4000 ouvriers du bâtiment avaient ainsi bloqué la principale artère menant à la zone de libre-échange de Jebel Ali, avant de jeter des pierres contre des voitures, dont 18 au moins avaient été sérieusement endommagées. Des milliers d'ouvriers d'autres  entreprises s'étaient ensuite joints aux grévistes. Les forces anti-émeutes étaient intervenues au canon à eau pour disperser les manifestants qui s'en étaient pris à des voitures des forces de l'ordre. Un hélicoptère avait survolé la zone pour filmer la scène et identifier les meneurs. Le lendemain, le mouvement de grève s'était étendu à trois autres zones de Dubaï mais la police avait pu maîtriser la situation et renvoyer les grévistes dans leurs logements.

Lors de ce mouvement, des actes de vandalisme, dont des jets de pierre contre des voitures. Même si les prévenus ont nié tout acte de violence, le tribunal s’est montré sans pitié, faisant valoir que grèves et manifestations étaient interdites. Le seul fait de revendiquer de meilleurs salaires est proscrit, ceux-ci étant une fois pour toutes fixés lors de la signature du contrat.

La réponse des autorités n'aura donc pas tardé : quatre mille ouvriers originaires de pays d'Asie vont être expulsés de Dubaï. Les organismes compétents ont été contactés pour mettre en application les mesures nécessaires.

En punissant sévèrement les ouvriers grévistes, les autorités émiriennes ont, semble-t-il, voulu frapper fort pour enrayer de futurs mouvements sociaux.

Dans les six Etats composant le Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Koweït, Bahreïn, l’Etat des Emirats arabes unis, Qatar et Oman), on estime la main-d’œuvre étrangère à plus 13 millions de personnes. La plupart des immigrés vivent dans une situation de quasi-esclavage, se voyant privés de leurs passeports par leurs sponsors dès leur arrivée dans le pays hôte, condamnés à travailler jusqu’à sept jours sur sept et résidant dans des dortoirs sordides, parfois sans air conditionné. D’où un taux mortalité très élevé, notamment à cause de la chaleur particulièrement forte une grande partie de l’année. Les conditions de travail sont qualifiées de «moins qu’humaines» par l’association Human Rights Watch (HRW).

La situation est particulièrement alarmante en Arabie Saoudite, où les travailleurs immigrés sont en plus souvent maltraités par leurs employeurs. L’an dernier, Human Rights Watch (HRW) révélait que deux domestiques indonésiennes avaient été battues à mort et deux autres grièvement blessées. Non seulement les autorités ne cherchent pas à enquêter ou à poursuivre les employeurs abusifs, mais la justice criminelle fait obstacle aux travailleurs victimes d’abus qui cherchent réparation. Autre cas emblématique, celui d’une Philippine, affamée, battue, violée, privée de soins par son employeur : cela lui a valu de perdre ses doigts à cause de la gangrène et elle s’est en plus vue condamnée à 79 coups de fouet pour avoir porté plainte contre son employeur.

Aux Emirats arabes unis, l’ancien ministre du Travail Ali al-Kaabi avait bien tenté de prévenir certains abus des employeurs à l’égard de leur personnel étranger, condamnant même une puissante société à 1,5 million d’euros d’amende pour n’avoir pas versé les salaires de ses employés. Il a été rapidement remplacé.

Source : 30 octobre 2007

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Publié dans Dubaï

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